La place des femmes au travail

Le mail de la victoire

 

Bonjour à tous,
A quelques mois de l’Euro de football, la société xxxxxx décide de se mettre en jambe, en organisant un match amical entre salariés, le Mardi 22 Mars à 19h.

Ce match au sommet se disputera à l’Urban Soccer de Puteaux (pas loin des bureaux).

Pour plus d’informations sur le lieu : xxxxxxx

Il se jouera sur un petit terrain (5 vs 5).

Pour les frileux, le match se déroulera en indoor.

A la fin de ce match, tous les joueurs seront récompensés par une 3ème mi-temps pizza, directement sur place.

Pour s’inscrire, il vous suffit de nous le confirmer sur le doodle : xxxxxxxx
A vos crampons,

Bon match,

xxxxx

Ceci est le mail qui a été envoyé, à l’ensemble des salariés de la société, dans laquelle je suis employée depuis presque 2 ans,  en date du Jeudi 25 Mars 2016.
Je savoure et me délecte de chacun de ces mots.

Ce qui initialement ne devait être qu’une partie de foot entre couilles, oups! je voulais dire entre « mâles Alpha«  », autrement dit, un étalage de testostérone et défilé de muscle (ou pas) en culotte courte, s’est finalement muté, en rassemblement festif, avec un réel esprit d’équipe. Idéale pour la cohésion d’entreprise 😉 , et ouvert à tous ceux et celles qui le souhaitent, indépendamment de leurs chromosome X ou Y.

Cette péripétie, me met du baume au coeur, parce qu’elle véhicule l’image selon laquelle, même en étant seule contre la pensée du plus grand nombre, on à bien plus de pouvoir qu’on ne le pense, et que montrer ses seins à notre époque, n’ai plus une solution sine qua non (en admettant qu’elle l’ai déjà été… ) pour être entendue, dés lors que notre besoin est exprimé de manière concise, avec un certain détachement émotionnel (C’est à dire, sans la jouer hystérique façon femen 2.0).

La seule chose qui me désole c’est de ne pouvoir assister aux festivités.

Je quitte la société, pour créer la mienne, terme pompeux pour dire que je suis auto entrepreneur depuis le 15 Février…Bah quoi ? à chacun son plaisir.

Tandis que certains se remettaient à peine d’une douce nuit de folie, comme tant d’autres je n’oyais ma peine, non pas au fond d’une bouteille, je ne dirais jamais assez, oh combien je hais l’alcool !ni même en me remplissant de sucre ultra raffiné, ou autres drogues légalisées, mais en fondant ma société.

Mon cerveau me dit que je devrais avoir peur, perdre le sommeil avoir mal à la tête, à cause de la précarité de la situation, parce qu’à chaque mendiant que je croise j’entends cette voix infâme qui me répète « ça pourrais être toi ».

A croire que, de nos jours, les SDF aussi occupent une fonction à part entière, dans notre société, comme si, de par leur condition ou plutôt, de par l’absence de celle-ci, leur rôle  serait de rappeler à l’ordre, les libres penseurs. Ces sales gosses qui veulent vivre de leurs rêves et penser par eux mêmes, en créant leur énergie financière indépendamment du bon vouloir d’une entité supérieure, n’ont pas validée, mais imposée.

A l’idée de partir, je me sens apaisée, avec la sensation que tout est pris en charge, que le meilleur est à venir, et c’est maintenant qu’il se construit.

Me voici à la croisé des chemins et j’ai même pas peur …euh en faite si, mais juste un peu.



Rendez-vous sur Hellocoton !

Jenni

Qu'en penses-tu ?